La symphonie démocratique : déploiement, analyse, signification

Cérémonie d’hommage national à Samuel Paty, La Sorbonne, le 21 octobre 2020
Photo de couverture par Albert Facelly, 2020, utilisée avec une autorisation écrite

Par MAËL MEUNIER,
Étudiant en 3A au campus Moyen-Orient Méditerranée à MENTON, prochainement au Trinity College Dublin


«La république menacée», «89% des Français considèrent comme forte la menace terroriste », « nous sommes en guerre », « notre ennemi de l’intérieur » 1. L’écho de l’assassinat d’un professeur provoque une résonance rarement égalée. Si le désir de rendre hommage à un enseignant qui exerçait brillamment son devoir est honorable, en cette ère individualiste accrue par une épidémie mondiale, la signification et la dimension qu’a progressivement revêtu cet acte isolé révèle en substance la profondeur de l’anomie qui parcourt notre société.

N’en déplaise à la doxa sur laquelle s’épanouissent le gouvernement actuel et la sphère médiatique, l’acte d’un réfugié russe d’origine tchétchène âgé de dix-huit ans ne nous dit finalement que très peu de choses des grandes problématiques que traversent notre pays. Cet homicide, il est vrai, ne saurait être dilué dans le millier d’homicides annuel en France : sa singularité repose sur la signification religieuse que lui a donné l’auteur, fruit d’une conception totalitaire de l’ordre social. Mais une fois ce point précisé, il ne constitue pas une clé de lecture pertinente pour approcher les dynamiques sociologiques à l’œuvre, du sentiment d’exclusion sociale à la désaffiliation en passant par la ségrégation socio-spatiale, sans lesquelles le « terrorisme » ne pourraient voir le jour. Pourtant, cet assassinat est devenu l’incarnation du mal invisible qui frappe notre république en plein cœur. Le fait social est devenu un fait politique, à travers le processus de politisation opéré par des acteurs sociaux en lutte (associations et syndicats de professeurs, partis politiques, bourgeoisie parisienne), avant de se cristalliser en un symbole d’une crise sociétale tragique, à la faveur des allocutions et des cérémonies. On assiste ainsi à une construction sociale de la réalité, pour reprendre le titre de l’ouvrage de Berger et Luckmann, d’où émane, on le voit, des considérations alarmistes et des mesures chocs. Ce qu’il faut saisir ici, c’est que l’importance de cet acte n’a rien de naturel ou d’universel, variable fluctuante, elle se construit toujours dans un contexte socio-culturel donné. En témoigne l’interprétation du New York Times, qui, en titrant au lendemain de l’événement « French Police Shoot and Kill Man After a Fatal Knife Attack on the Street » reprend la clé de lecture du mouvement Black Lives Matter. Accepter l’exceptionnalité de cet acte, c’est-à-dire ne pas chercher à le confondre avec des dynamiques qui s’en distinguent, me paraît plus juste. Dans une perspective aristotélicienne, en effet, la loi, et par voie de conséquence la politique, embrasse l’universel tout en ne pouvant agir que sur le général. Le registre de l’exception que constitue l’action de personnes radicalisées voir déséquilibrées ne saurait alors à lui seul remettre en cause le domaine du général comme l’avance bon nombre de commentateurs 2. L’acte singulier d’Abdouallakh A. Anzorov ne signifie pas le déclin du modèle éducatif ou la faillite de la politique antiterroriste. Il est l’exception qui s’échappe de la règle, et pourrait même, en ce qu’il n’a pas de précédent, valider l’hypothèse selon laquelle l’éducation et la sécurité sont assurées avec succès, si l’on suit le critère de scientificité de Karl Popper qui repose sur la réfutabilité empirique d’une théorie.

On assiste à des débats triviaux, pathétiques, et in fine appauvrissants, en ce qu’ils enlèvent progressivement à la perception et à l’interprétation d’une thématique son potentiel heuristique

Il faut ensuite souligner la résonnance exceptionnelle que procure la médiatisation concomitante à l’interprétation politique de l’incident. Le sujet reste à la une de l’actualité une semaine après l’incident, les garants de la ligne éditoriale de la presse écrite et des journaux télévisées estimant que cet évènement méritait une attention prolongée. Persistant, le traitement médiatique est aussi synchronique. La circulation circulaire de l’information dont parlait Pierre Bourdieu est à l’œuvre, les médias disposant des mêmes sources officielles (AFP, ministère de l’intérieur, allocutions). J’ai eu l’occasion de l’observer in situ, lorsqu’à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, un policier est abattu sur les Champs-Elysées. Au sein de la rédaction du journal de France 2, une symphonie se met en marche, la rédactrice en chef et ses adjoints donnent les directives : « il faut un sujet sur le profil du suspect », « un second sur l’applaudissement des policiers », « un direct depuis le palais de justice ». Ce seront finalement douze sujets consécutifs consacrés à ce qui ressemble sans toutefois l’incarner au fait omnibus 3 de Pierre Bourdieu – un fait dont le caractère spectaculaire et apolitique fait consensus. Ce qui paraît dès lors regrettable, c’est que le traitement médiatique, dans sa frénésie et sa légèreté, ne s’essaie pas à replacer l’information dans un contexte plus large, de l’enrichir, d’avoir une posture de surplomb sur elle, elle s’enferme simplement dans la narration d’un évènement dont l’importance est proportionnelle à sa charge émotive. L’ère des chaînes d’information en continu prolonge et radicalise cette dynamique. On assiste à des débats triviaux, pathétiques, et in fine appauvrissants, en ce qu’ils enlèvent progressivement à la perception et à l’interprétation d’une thématique son potentiel heuristique. Il ne s’agit pas de penser le vivre-ensemble ou de s’enrichir sur la compréhension de l’islam, mais uniquement de savoir par quelle mesure sécuritaire l’on pourra annihiler l’ « islamisme ». Éditorialistes, politiciens et autres personnalités médiatiques dont on taira le nom par décence étalent alors leur perceptions du monde, et exprime leur émoi lorsque le complexe surgit à eux.

CNEWS, émission de Pascal Praut, le 18 Octobre 2020 (capture d’écran, fourni par Maël Meunier, 2020)

Aussi, la caisse de résonnance que créée la sphère médiatique n’a pas seulement pour conséquence de monopoliser l’attention sur un fait divers et d’occulter les problématiques du temps long, elle contribue à donner au « terrorisme » une consistance qu’il n’a bien sûr pas à priori.4 La focale portée sur l’événement tragique agit comme la transformation réussie d’un essai au rugby, à quelques détails près que cet objectif de propagande par le fait est atteint systématiquement, et ce y compris lorsque l’essai est avorté. Il faut pour le comprendre étudier la réaction en chaîne au sein du monde politique. À l’heure de la démocratie d’opinion, le fait divers, devenu évènement médiatisé, agit comme un stimulus face au pouvoir politique et s’introduit comme une variable lourde dans la détermination de la politique à mener. Le pouvoir politique se doit de réagir de manière permanente au tragique et au spectaculaire, ce qui absorbe une immense partie de son énergie et le détourne de sa tâche de travail qui s’inscrit dans une dimension considérablement plus large. En témoigne la réception des syndicats de police à l’Élysée après l’attaque au feu d’artifice d’un commissariat, les déplacements d’une partie du gouvernement et du Président dans la vallée sinistrée de l’arrière-pays niçois et à Conflans, ville de l’assassinat du professeur. Or, cette réaction instantanée à cette fausse supplication du peuple, se traduit par des mesures qui ont vocation à rentrer en cohérence avec des schémas de pensées dichotomiques (islam/république, passivité/fermeté, religion/émancipation) pour qu’ils puissent être intelligibles au citoyen ordinaire, c’est-à-dire non compétent sur le plan cognitif. Cette simplification du réel ne peut qu’ouvrir la voie à une stigmatisation des individus se situant dans l’interstice de l’antagonisme. Elle met au jour une sensibilité différente dans la conception que l’on a du sacré et l’érige en distinction existentielle. Dès lors, si dire que l’islam doit s’effacer face aux valeurs libérales demeure une opinion, dire que Charlie Hebdo ne devrait pas exister, devient une violation d’une loi symbolique essentielle à l’humanité commune. On saisit alors le caractère contre-productif de l’entreprise lorsque les mesures chocs et les discours stigmatisants accélèrent la désaffiliation de ceux qui ne se sentent pas reconnus dans leur appartenance. Ainsi dans notre cas d’étude, nous pouvons saisir la cellule d’interprétation de ce jeune tchétchène, mais prenons garde à ne pas se laisser influencer et gagner par elle. J’entends par là, non le risque que nous devenions perméables à cette vision radicale du monde, mais que nous reproduisions inconsciemment cette ligne de clivage qu’a voulu tracer l’auteur de l’attaque. Vouloir dissoudre le collectif contre l’islamophobie et se dire choqué par les rayons halal dans les supermarchés, c’est rentrer dans ce clivage qui nous est tendu et l’alimenter. Aussi, dans la lutte contre le terrorisme, dire que la fin justifie les moyens, ce n’est pas vrai, car c’est précisément l’usage excessif des moyens qui se situe à la racine du terrorisme futur. La stigmatisation latente qu’opère le durcissement affiché des politiques sécuritaires n’est donc pas seulement mauvaise en soi, à l’égard des minorités concernées, elle est aussi, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, un investissement malheureux 5.

Plutôt que de charger la signification de cette décapitation de fantasmes et de symboles qui la dépassent outrageusement, il faudrait plutôt percevoir le terroriste, non comme un chevalier sous la bannière du prophète, mais comme une créature nihiliste.

Cérémonie d’hommage national à Samuel Paty, La Sorbonne, le 21 octobre 2020
Photo par Jean-Claude Couteausse du Monde, 2020, utilisée avec une autorisation écrite

Ce qu’il faut comprendre et intégrer, même si cela complexifie une pensée simple et plus aisée, c’est que la radicalité précède l’islamisation. Ce qui me place ici dans une approche constructiviste du phénomène. 6 Gilles Kepel, garant lui d’une interprétation religieuse aujourd’hui dominante, je l’ai lu. Ses écrits sont des romans, qui sur fond de fatalisme tragique, retracent la trajectoire d’une substance idéologique mortifère poursuivant sa propagation à travers le monde. Ils sont inspirés de faits réels, à n’en point douter, mais le prisme étroit qu’il adopte, celui du primat du tout religieux, s’il peut constituer « une mythologie du terrorisme au nom de l’islam » (F. Khosrokhavar), ne pourra jamais à lui seul rendre intelligible la complexité et la pluralité du phénomène terroriste. Car le sens que le tueur a donné à cette attaque n’est pas nécessairement l’interprétation que l’on doit retenir, comme un vote à l’extrême droite n’a pas toujours signifié une adhésion idéologique. Gilles Kepel, puis son élève Hugo Micheron et son collègue Bernard Rougier, ont pourtant largement réussi à diffuser leur lecture partiale des sources du djihadisme islamique, aux fruits souvent d’un long travail de terrain il est vrai. Il reste que le déploiement de la perspective nihiliste offre une clé de lecture prometteuse. Plutôt que de charger la signification de cette décapitation de fantasmes et de symboles qui la dépassent outrageusement, il faudrait plutôt percevoir le terroriste, non comme un chevalier sous la bannière du prophète 7, mais comme une créature nihiliste. Le nihiliste est pour François Guery « un homme qui en a fini avec le monde, qui est donc fini, et veut que le monde finisse ». Ainsi, avant même d’embrasser l’islamisme radical, il n’est déjà plus de ce monde. S’il choisit de passer à l’acte, c’est pour achever son errance et lui donner un sens ultime et salvateur. Mais cette dernière expression est fondamentalement contingente, elle absorbe la substance idéologique la plus radicale du spectre politico-culturel à l’égard du monde tel qu’il est et la réalise ici-bas. Ce phénomène violent, œuvre d’une jeunesse en quête identitaire, n’est pas sans rappeler les brigades rouges des années de plomb, menace endogène au monde libre du second XXe siècle. Il s’agit ainsi de penser les causes de ce détachement plutôt que de s’appesantir sur le sens et la couleur que leur donnent ces hommes finis. Car ce n’est pas la mobilisation des quelques références religieuses dont sont dotés leur capital culturel qui importent mais bien ce qui inaugure cette trajectoire, cette radicalité, qui est une révolte morale, une « colère contre le monde comme il va et une remise en question qui va avec » (D. Bensaid), et une réponse, aussi, à l’absence de sens du monde dans lequel la modernité politique nous a introduit.

Enfin, à la lumière de l’anthropologie, […] une interrogation survient.

Ainsi ces analyse de la démocratie d’opinion sous le prisme d’un acte qualifié de terroriste se veulent une ode à la tempérance par la réflexion. Comprendre la complexité du système social permettant d’agir sur lui avec mesure. En contraste donc du processus de politisation que nourrit le traitement médiatique, phénomène marquant dont l’importance surpasse largement l’objet d’étude qu’il s’est attribué 8. La doxa déconstruite, la question serait désormais de savoir comment l’épistémè peut ennoblir notre démocratie. L’occasion de citer ici Roland Barthes, observateur attentif de l’actualité de son époque : « une de nos servitudes majeures : le divorce accablant de la mythologie et de la connaissance. La science va vite et droit en son chemin ; mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnantes dans l’erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs d’ordre. » 9

Enfin, à la lumière de l’anthropologie, discipline des sciences sociales qui entreprend d’étudier toutes les manifestations humaines jusqu’aux sociétés les plus lointaines, et dont la philosophie est de se laisser surprendre par les faits culturels que l’on perçoit, en particulier lorsqu’il s’agit de sa propre culture, une interrogation survient. Elle nous apparaît lorsqu’on tente de saisir ce qu’implique la signification et la dimension qu’a progressivement revêtu cet acte isolé. Le processus par lequel ce professeur assassiné fut érigé en symbole républicain, franchissant la ligne qui sépare le profane du sacré, exprime le désir d’éprouver et de partager le désarroi ressenti avec la nation tout entière, cette communauté imaginaire qui nous transcende. Ce désir révèle en lui une vulnérabilité pernicieuse à travers laquelle la communauté concrète a disparue. À savoir la dislocation du lien social, façonnée par la solidarité organique du capitalisme, et cultivé par l’individualisme protestant. Prenons une image. 10

L’individu trace désormais son propre chemin, qui s’écarte de celui de ses ancêtres, car il a rompu le fil de la tradition. Désormais maître de sa destinée et libre de devenir son propre produit, il est au cours de son itinéraire pris du mal de l’infini : l’ouverture du champ des possibles l’ensevelit progressivement tandis que l’avenir qu’il perçoit est enveloppée de brume. Il est plongé dans un état d’ἀ-νόμος, d’a-nomie, d’absence de loi, d’ordre et de structure. Car avec l’émancipation de l’autorité du groupe, il a aussi tourné le dos au Dieu qui donnait un sens à son chemin. Pourtant, il continue de croire, l’irrationnel l’anime, il reste doté d’une pensée sauvage. D’autant que l’incertitude identitaire est source d’inquiétude et qu’intervient le mécanisme du bouc émissaire : le trouble, l’incapacité de comprendre ce qu’il ressent, vient se fixer en un point, il est en mesure de désigner la source du mal, la peur de l’autre se substitue à l’angoisse flottante. Pour éprouver sa vitalité, il dirige ensuite la violence qu’il subit contre celui qui suscite le trouble, la peur devient haine. Tout comme le bouc-émissaire qu’il s’est créé, dans cette errance où le clair-obscur altère ses repères, l’individu aura besoin de mythes sur lesquels s’appuyer. Le mythe est ainsi fondamental, en ce qu’il répare les incohérences de l’existence. Appropriation du monde sensible pour donner l’illusion d’une solution possible, il peut donner un sens à l’inintelligible.

Dès lors, qu’est-ce que le « terrorisme » dans tout ça ? ▣

Sources :

1. Dans l’ordre : bandeau d’information LCI, sondage CNews (tous deux diffusés le mercredi 21/10/20 au soir), Darmanin (interview Europe 1 – lundi 19/10/20), Macron (allocution le soir même – 16/10/20)

2. Aristote, Ethique à Nicomaque, V, 10 : « Toute loi est universelle, et qu’il y a des cas sur lesquels il n’est pas possible de prononcer universellement avec une parfaite justesse. Et, par conséquent, dans les matières sur lesquelles il est nécessaire d’énoncer des dispositions générales, quoiqu’il ne soit pas possible de le faire avec une entière justesse, la loi embrasse ce qui arrive le plus fréquemment, sans se dissimuler l’erreur qui en résulte. La loi n’en est pas moins sans faute ; car l’erreur ne vient ni de la loi, ni du législateur, mais de la nature même de la chose : c’est la matière des actions qui, par elle- même, est ainsi faite. »

3. Cette analyse de Pierre Bourdieu des faits divers n’a pas perdu une once de pertinence : « en fixant et retenant l’attention sur des événements sans conséquences politiques, que l’on dramatise pour en “tirer des leçons” ou pour les transformer en “problèmes de société” : c’est là, bien souvent, que les philosophes de la télévision sont appelés à la rescousse, pour redonner sens à l’insignifiant, à l’anecdotique et à l’accidentel, que l’on a artificiellement porté sur le devant de la scène et constitué en événement, port d’un fichu à l’école, agression d’un professeur ou tout autre “fait de société”, bien fait pour susciter des indignations pathétiques à la Finkielkraut, ou des considérations moralisantes à la Comte-Sponville. » (Sur la télévision, 1996, p.16)

4. De même la formule d’Emmanuel Macron le soir même « Ils ne passeront pas », réappropriation du « ¡No pasarán! » des républicains espagnols face à la violence de la rébellion franquiste, contribue elle aussi à donner une consistance considérable à la menace terroriste, en la prolongeant d’un imaginaire inquiétant.

5. On perçoit par contre avec plus de clairvoyance l’investissement que représente ce virage sécuritaire pour l’élection présidentielle de 2022. L’inauguration récente de l’annonce des chiffres de la délinquance, renouant avec la tradition sarkoziste, soi-disant par « soucis de transparence », est un outil conçu pour déposséder la droite de ses thèmes de prédilection. L’effet, bien connu des sociologues, est regrettable, puisqu’à mesure que baisse les actes violents, progresse le sentiment d’insécurité.

6. Les analyses d’Olivier Roy rendent compte avec élégance de cette perspective : « Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste […] demain, ils se battront sous une autre bannière, à moins que la mort en action, l’âge ou la désillusion ne vident leurs rangs comme ce fut le cas de l’ultragauche des années 1970. […] Le problème essentiel pour la France n’est donc pas le califat du désert syrien, qui s’évaporera tôt ou tard comme un vieux mirage devenu cauchemar, le problème, c’est la révolte de ces jeunes. Et la vraie question est de savoir ce que représentent ces jeunes, s’ils sont l’avant-garde d’une guerre à venir ou au contraire les ratés d’un borborygme de l’Histoire. » Tribune d’Olivier Roy, Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste, Le Monde, 23/11/2015.

7. Pour reprendre ici le titre du livre du leader d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, Chevaliers sous la bannière du Prophète (2001).

8. Cette articulation moderne du pouvoir et de l’opinion, que rend plus complexe encore le renouveau des mass media à l’âge numérique, posant l’un des plus grands défis de notre temps : relevée par Hannah Arendt (La crise de la culture – VII. Vérité et politique, 1961), elle constitue pour Bertrand Badie (Le diplomate et l’intrus: L’entrée des sociétés dans l’arène internationale, 2008), Jean-Pierre Le Goff (La démocratie post-totalitaire, 2002) et bien-sûr Marcel Gauchet (La démocratie contre elle-même – I. Les droits de l’homme ne sont pas une politique, 1980) un point de transition vers une nouvelle ère.

9. Mythologies, p. 72-73, éditions du Seuil, 1957.

10. Il s’agira d’y saisir les clins d’œil à Hannah Arendt, Emile Durkheim, Pierre Nora, René Girard et Claude Lévi-Strauss.


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